Jean-Michel Rotin: Le retour de l’enfant prodige

MĂŞme quand on ne les voit plus, les Ă©toiles n’arrĂŞtent pas de briller. 5 ans aprĂ©s son dernier album “Solo”, et après maints apports sur divers projets musicaux, ça recommence Ă bouger du cĂ´tĂ© de ROTIN et Gwadayouth ne pouvait pas rester indiffĂ©rent Ă l’appel des bonnes vibes!….Jean-Michel vient de boucler son nouvel album titrĂ©: NATION (sortie prèvue: Ă©tĂ© 2002). Cet album a Ă©tĂ© enregistrĂ© en Guyane, Ă New York, Ă Paris, et en Gwada (Funboy! Studio). Il est en passe de signer avec sa nouvelle maison de disque, prĂ©pare la compil’ Funboy! (prĂ©vue fin 2002), et….Tenez vous bien, est en pourparler pour la reconstruction du groupe Energy!…Jean-Michel ROTIN…GWADAYOUTH.com…Bonnes Vibes assurĂ©es!
GwadaYouth : Jean-Michel Rotin, JMR, 69? Comment préfères tu te faire appeler et pourquoi ?
Jean-Michel Rotin: Je n’ai pas de prĂ©fĂ©rence… les trois me font sursauter !
G.Y.: Signe astrologique ?
JMR: Bélier.
G.Y.: Il y a un certain mystère autour de ta personne, peu d’apparitions publiques, vie privĂ©e protĂ©gĂ©e. Est-ce cultivĂ©, ou serais-tu un grand timide ayant une grande aura ?
JMR: je crois que ce metier m’a un peu traumatisĂ©……je ne m’attendais pas du tout Ă ce que je vis….ce succès, cette duretĂ© du milieu et ses coups bas, tout ces faux amis, les mĂ©pris, les jugements….Rire mĂŞme lorsqu’on a envie de pleurer…On ne sait plus qui est qui, on ne sait mĂŞme plus qui on est! On est derriere le masque de l’artiste qui fonce. Une sorte de bicyclette sans freins, on se donne corps et âmes et puis le temps passe….j’aime sentir ma voix sortir de mon corps….mais… le monde commence Ă m’faire peur !
G.Y.: Certains mĂ©dias (Antilles Info par exemple) font souvent circuler des rumeurs Ă ton Ă©gard: Manque de professionalisme, artiste peu friand d’interviews. Est-ce fondĂ©? Comment percois tu cela emotionnellement? Professionnellement ?
JMR: Moi, les rumeurs j’m'en balance ! J’ai tout mis de cotĂ© pour ma passion. Comme beaucoup de mes confrères dĂ©vouĂ©s, nous avons perdu amours, amitiĂ©s, santĂ©, joie , et rĂ©colter quelques dĂ©pressions. Nous parlerons de professionalisme lorsqu’il y aura une profession ! Lorsqu’il y aura une politique culturelle dans notre communautĂ© antillo-guyannaise, lorsqu’il y aura plus d’actions que de critiques.
G.Y.: Ton dernier album solo, d’ailleurs titrĂ© “Solo” date de 5 ans. Sachant que tu es un des pioniers, sinon le pionier de la rĂ©volution du Zouk. A quelles couleurs musicales devront s’attendre tes fans consernant le dernier projet ?
JMR: Ma musique j’peux pas en parler….j’la fait !
G.Y.: T’en as souvent parlĂ© sur tes albums passĂ©s, qu’est-ce que la Boisneuf Society
?
JMR: Boisneuf Society c’est beaucoup de choses. C’est la base de ma vie. Tout d’arbord boisneuf est un lieu (Quartier de Pointe-Ă -Pitre), et Boisneuf Society Ă©tait les jeunes de ce quartier qui ont fait vibrĂ© des tas d’adolescent de l’Ă©poque ( 1980-1992). j’Ă©tais l’un des plus jeune de la bande….Nous avons passĂ©s des moments inoubliables…la vitesse, l’alcool, et le crack ont eu raison de quelques frères qui aujourd’hui sont dans mes prières…..nous Ă©tions une base de 17 amis…c’etait pas tout les jours rose,mais il y avait d’l'amour…c’etait ma famille…lorsque je me sens seul, je pense Ă tout ça ….j’Ă©tais heureux Ă cette Ă©poque…..maintenant c’est diffĂ©rent.
G.Y.: Ton nom s’associe Ă pas mal d’artistes: Skeazo & Rokhenza, Kaysha, Organized…Est-ce la continuitĂ© de la Boisneuf Society
?
JMR: Pour moi c’est incomparable, et surtout pas une continuitĂ©, c’est une autre fabuleuse histoire.
G.Y.: Quels sont les artistes, s’il y en a, qui te font kiffer ou t’inspirent et pourquoi ?
JMR: Y’en a pas beaucoup. Et depuis ça a vachement changĂ©, je m’attache beaucoup plus Ă ces musiciens de moins en moins commerciaux qui s’expriment de plus en plus avec leur coeur.
G.Y.: Le zouk est-il bien mort comme tu l’as dit dans une de tes chansons ?
JMR: Premièrement, il y a un point d’interrogation Ă la fin de la phrase, et tout le monde fait semblant de pas le voir ! En tout cas j’suis pas au courant, je vois que tout le monde cherche un coupable. Il faut chercher ce genre de rĂ©ponse chez ceux qui cultivent la polĂ©mique.
G.Y.: Comment vois tu l’avenir de notre musique ? Sera-t-il possible de l’imposer au monde comme le reggae s’est imposĂ© et comment ?
JMR: De quelle musique parles tu ? et avant de l’imposer Ă l’exterieur, il faudrait qu’elle soit enfin acceptĂ©e comme Ă©tant une partie importante de notre Ă©conomie. Est-ce du folklore ? Du touristique ? Avons nous une rĂ©elle politique culturelle qui puisse dĂ©fendre notre musique, ne serais-ce qu’en france ? Resterons nous divisĂ©s, chacun dans nos courants musicaux ? Y a t-il aux antilles, la maison de la biguine ? La maison du ka ?… La maison du zouk ? … Je n’ai volontairement pas utilisĂ© le terme musĂ©e
puisque ces musiques sont sensĂ©es faire partie du quotidien. Y a t-il une maison de pressage aux antilles ? Cette passivitĂ© est effrayante ! Tu me poses des questions et tout le monde a la solution ! C’est comme pour tout les problèmes de ce monde: ça m’dĂ©goute !
G.Y.: Comment perçois tu la situation Ă©conomique aux Antilles-Guyane et comment envisages tu l’avenir politique et social de nos iles ?
JMR: L’avenir politique ? il faut arrĂŞter de croire que tout est politique ! Parler pour ne rien faire, c’est ça l’avenir politique ! La vie n’a pas besoin de parler pour nous nourrir. Elle est, un point c’est tout. C’est ça qui leur pète la tĂŞte ou pas du tout ! Tout le monde est dĂ©jĂ contaminĂ© par le virus du commentaire ! C’est pour cela que j’ai horreur des interviews. Je suis plus un synthĂ©tiseur qu’un analyseur
, Tous ceux qui essaient d’attraper le vent me donne froid dans le dos !
G.Y.: Quelle est Ă tes yeux la diffĂ©rence culturelle entre un Français et un GuadeloupĂ©en, s’il y en a une ?
JMR: Il n’y a aucune diffĂ©rence. Les deux sont amnĂ©siques ! Ils n’ont toujours pas de force culturelle, ils font semblant d’en avoir. Ils s’accrochent Ă un calendrier qui les privent d’une rĂ©elle rĂ©flexion !
G.Y.: Il est souvent reprochĂ© aux artistes de ne pas s’impliquer politiquement, de ne pas dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, de ne pas dĂ©noncer. Penses tu que l’artiste, ou plus gĂ©nĂ©ralement celui qui rĂ©ussi mĂ©diatiquement, soit d’une certaine façon redevable au pays et Ă ses compatriotes ?
JMR: L’artiste n’est redevable qu’Ă son crĂ©ateur puisqu’il en est l’ instrument ! Le crĂ©ateur fait vibrer les cordes de chaques âmes pour soulager, rassembler, vivifier ! Son public est l’Ă©cho de sa voie !
G.Y.: Parlons d’avenir ! Tu nous a prĂ©sentĂ© O’Neal (son fils ainĂ©) sur ton dernier album ? Comment vas le clan Rotin ?
JMR: Oh ! mon frère … Si j’te parles c’est grâce Ă eux ! Mes enfants m’ont ouvert les yeux. Avant j’Ă©tais dans les tĂ©nèbres, ils ont guĂ©ri mon coeur fatiguĂ© par le chagrin. Comme pas mal de père antillais, j’ai fais l’irrĂ©parable !….Et il m’ont pardonnĂ© avec leurs phrases d’enfants. Je crois que ce sont les parents qui dĂ©sĂ©duquent leurs enfants ! Eux ils m’ont rĂ©concilliĂ© avec le temps. En effet mon premier fils s’appelle O’neal et le deuxième, Sammy-Lee. Sa mère aujourd’hui tient une place capitale dans ma vie. Elle a beaucoup souffert de ma vie Ă 200km/h …..et je ne retournerai jamais sur scène sans elle Ă mes cotĂ©s !
G.Y.: Quelle est selon toi, la partie la plus difficile dans l’education de tes enfants ?
JMR: Je ne trouve aucune partie difficile dans leur Ă©ducation. De toutes manières, rien n’est facile ici bas. Avant j’Ă©tais absent… Alors maintenant, quel bonheur !!!!!
G.Y.: Le plus beau jour de ta vie ?
JMR: C’est en ce moment!
G.Y.: La plus belle chose que tu es jamais vue ?
JMR: Ma femme Sabrina et mes deux enfants !
G.Y.: Dieu a toujours la première place sur tes albums. Pourquoi ?
JMR: Je ne suis pas un prophète mais, pour ceux qui ne le connaissent pas encore: kouri chèchĂ©’y !!! C’est lui qui vous fera comprendre son importance dans votre vie. je ne parle pas d’un dieu de religion, je parle du dieu de votre coeur: Le Dieu d’Amour !
G.Y.: As tu toujours été très spirituel, ou des évènements t-ont ils rapprochés de cette spiritualité ? Si oui, lesquels ?
JMR: Il est toujours lĂ , tout au fond de moi. Il ne dort jamais…Je n’ai pas choisi d’ĂŞtre spirituel, j’crois qu’il avait dĂ©jĂ pris place, comme dans chacun d’entre nous.
G.Y.: JM, thanks again, et que l’inspiration soit toujours avec toi, pour notre plus grand plaisir ! Un message aux visiteurs de Gwadayouth.com ?
JMR: J’vais enfin remonter sur scène.WAAAAAAAAAZAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!! C’est gĂ©nial! Peace.

Entretien : Reedan (Propos recueillis le 20 février 2002)









Maximum respect for you Mister Rotin!
"Nation" est un tres bel album…De meme que le New Jy (NRJ)!
Please DO Wukombak as much as you want!!!!!!!!!!
We love you!
Bonjour,
Je cherche Ă joindre JM Rotin, si qqun a ses coordonnĂ©es (email , adresse postale, ou tĂ©l)c’est important . Merci de votre aide….
BB971