[culture] Lettre aux artistes visuels & intellectuels

L’Art gĂŞnĂ©tique ?
L’appel aux A.R.T.S (Artistes RĂ©unis Tout Simplement,
Avec Respect Ténacité Sentiment,
Alliance Rassemblant Toute Sensibilité)
Je ne me souviens plus de la dernière fois oĂą j’ai discutĂ© avec un ami plasticien, graphiste
et oĂą il n’y avait pas les mĂ´ts « subventions », « aide de la RĂ©gion », « droits » ou « argent »,
toutes les trois phrases.
De la « trempe » des suiveurs, beaucoup d’entre nous se revendiquent d’une « Histoire de
l’Art » largement partiale. Nous cherchons par tous les moyens Ă nous insĂ©rer dans « la sociĂ©tĂ© ».
Ainsi, dans un paradoxe qui n’a malheureusement rien d’original, nous cherchons et nous nous
efforçons de constituer des « cadres », des « limites », des « conditions » (je dirais des
« conditionnements »).
Nous semblons oublier que les fondements de cet « Art Contenporain », dont beaucoup
d’entre nous se revendiquent, se trouvent très souvent dans des dynamiques anti – conformistes.
La quĂŞte d’une libĂ©ration, des codes, des systèmes ou des dogmes en place, a Ă©tĂ© Ă chaque fois
un vecteur dĂ©terminant. Mais de libertĂ©, j’ai le sentiment qu’il ne reste plus qu’un « libĂ©ralisme
intellectuel » oĂą le goĂ»t de la cotation des oeuvres prĂ©side. Tandis qu’une armĂ©e d’art triste
« s’inter - met » et se soumet chaque jour un peu plus Ă la loi du marchĂ©.
Mais dĂ®tes – moi un peu d’oĂą peut Ă©merger l’originalitĂ©, lorsque la pensĂ©e dominante,
qui jalonne si soigneusement les postures, les cursus et les flux de communication & de
pensĂ©e, n’est remise en question qu’Ă©pisodiquement voire pas du tout ?
Attaché à une terre,
Lié à une ère,
Mon corps, mon esprit, mon âme n’en sont pas moins libres au regard des trĂ©sors culturels
auxquels j’ai pu accĂ©der jusqu’Ă aujourd’hui dans mon vĂ©cu en Guadeloupe, notre pays.
Que ceux qui ne les connaissent pas, que ceux qui les ignorent et que ceux qui les oublient
ferment les yeux… et ouvrent enfin leurs coeurs et leurs oreilles aux « champs » oubliĂ©s… qui
s’expriment Ă travers la voix d’un peuple en marche.
Des « Etats – GĂ©nĂ©raux de la Culture » se font, se refont et se dĂ©font…
Mais pensez un instant au fait que, l’artiste qui dĂ©tourne son regard des chemins de
traverses, se prive de succulentes saveurs et autres richesses que recèlent les sentiers qui
mènent à la liberté !
Face Ă cela, je vous invite Ă vous rĂ©appoprier ce geste, Ă emprunter cette trace, Ă
reproduire cette marque, à faire écho de cette vibration inédite dans sa forme, au regard de
l’histoire de la Guadeloupe et du monde, et qu’ont initiĂ© et posĂ© des humains de ce pays au
sein du collectif « Liyannaj Kont Pwofitasyon » (L.K.P).
Aussi, aujourd’hui, dans un prolongement du mouvement social du peuple GuadeloupĂ©en
contre TOUTES les « pwofitasyon », je désire vous faire ressentir que le peuple, accompagné par
la force d’un « corps collectif » de penser, que symbolise le L.K.P, vous exhorte Ă vous mettre
en mouvement… comme lui et comme la Vie !
Et parce que l’artiste se nourrit aussi des doutes de l’humanitĂ© que cristallise bien souvent
sa propre existence, je vous dirais…
Ansanm - ansanm nou pé kréyé, ansanm – ansanm nou pé gannyé !
Ensemble nous pouvons créer, ensemble nous pouvons gagner !
Luk GAMA, Graphiste Guadeloupéen, Mars 2009














Je suis tout à fait d’accord avec ton constat ! S’il faut profiter du mouvement LKP pour déclencher une introspection artistique collective , qu’il en soit ainsi.
Cela dit il existera toujour au moins 2 catégories d’artistes: ceux qui attendent l’inspiration et ceux qui la provoquent.
Que ces derniers continuent de provoquer de manière individuelle ou collectivement, mais de grâce n’attendez pas les autres! Ils se verront obligés de suivre à un moment donné, ne serait-ce que par instinct de survie.
kenbé fò é annou BAY ADAN!!!
Kè vizyon artistik la-sa vwè jou… certains attendent depuis longtemps de croiser les arts, d’autres sont dĂ©jĂ dans cette dĂ©marche. Tini ki kĂ© swiv, dòt kĂ© swiv ankò… Pou pawòl la krĂ©yĂ©, pou zorèy la tann, pou nou konpwann nou…
alors…
“(…)Battons – nous !
Battons – nous avec
tous nos arts, ensemble, en libération
contre les forts déshumanisants
des pensées fossilisantes.
Dans notre guerre,
nos créations nouvelles se feront chairs
et c’est bien après cela que le nerf poussera
afin d’aider nos dĂ©sirs Ă prendre corps. (…)”
OM MANI PADME HUNG !