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Ta kaz à toi ? (acte 3)

ExXÒs MètKakOla

Yémistikra!
San soufrans?

Et bien oui, le seul maillon physique de l’équipe artistique et technique qui serait le « trublion » est bien exXÒs MètKakOla. Il vit « la lonbrik an mwen téré » (émoticône sourcils haussés, paupières closes, bouche suffisante).   

Outre des qualités artistiques indéniables, outre l’opportunité d’intégrer un projet d’une Enfant du Péyi, qu’est-ce qui pourrait pousser un citadin à relever ce défi?
exXÒs, ou pa’a santi té ni on lodè two fò la owa’w? (émoticône hilare -penché)

« Les kaz et exXÒs » ou sa ki ni dan pani nwazèt, sa ki ni nwazèt pa ni dan.

En fait, il a eu à fréquenter au moins deux cases créoles; celles de ses grands-parents à la rue Vatable et une autre, quai Lefèvre. Ensuite, à en voir de façon quasi permanente, telles des Zèb ginen croissant au gré des lunes. Il a d’ailleurs eu à vivre par au-dessus d’elles. Elle étaient visibles depuis son point de vue « céleste » : les grandioses tours « Gabarre » 1, 2, 3 du quartier de Lauricisque*1.
Neuves, avec ascenseurs, moquette, grandes pièces, confort inhabituel, il a expérimenté, à
son insu, les joies de l’extrême. Kouman fè ou pé di mwen on ti gason ka travèsé dé gwan
imèb asi on fil?!!!
Devrions-nous alors comprendre que le besoin de création, d’évasion, … était déjà planté
depuis long time ? Il fallait que ça sorte ! D’ailleurs, je ne vais pas m’étaler sur ses
confidences oben nou ké la pou dèmen maten (émoticône esclaffé -droit).
En tous cas, un voyage musical au coeur de cette aventure poétique qui m’a permis, a
postériori, de faire un parallèle entre le vécu intime de Myriam Baldus et celui de toutes les
âmes guadeloupéennes d’une certaine génération. Le Mofwazaj n’est pas qu’un ressenti.
D’ailleurs « Gordon beat », le 4 ème et dernier extrait musical, tonne bien l’urbanisation, non ?

https://gwadayouth.com/phypsoaw/2024/03/GORDON-BEAT97-1.mp3
© exXÒs mètKakOla, Gordon beat

Alors avec ceci, quel intérêt la Case, minuscule, loin en bas, pouvait avoir quand, là-haut, le champ des possibles, de l’interdit, de l’invisible déclenchait une montée d’adrénaline
suffisamment puissante pour s’autoriser de telles aventures ? Mais redescendre il devait au
moins pour aller au collège tout près. A hauteur d’homme, sans plus avoir ni à plisser le front depuis là-haut ni à porter la tranche de la main en visière au-dessus des yeux, il les côtoyait.

© France-Antilles Guadeloupe

De kaz en cases …
Les Kaz encore en état du quartiers de
Bergevin, Chanzy ou Henri IV déplacées en
1962 vers la « Cité Transit » de Lauricisque aka
Lori6 sont les premières opérations esthétiques
du projet d’urbanisation pointois sous Louis
Dessout secondé par Henri Bangou.

Cependant les conditions modestes des âmes, la surpopulation grandissante des quelques 2000 cases en feront vite un taudis à désamorcer. Démil kaz! Mwen menm pa ka imajiné mwen tousa kaz kolé! (émoticône bouche zippée).

© Carte postale Edition F. Faraux. Collection Renaud Epstein

C’est ainsi qu’entre 1972 et 1975, la SA
HLM construisit, aux abords du quartier,
pour les décasé.es, 3 tours de 19 étages.
Démesurées, du jamais vu pour ces
« encasé.es », elles en ont effrayé plus
d’un.e car très, trop hautes selon beaucoup.
La solution a été alors d’y permettre l’accès
à une CS+ (catégorie socio-professionnelle)
moins farouche dont les fonctionnaires
habitant les campagnes et les artisans
voyant d’un bon œil, pour les un.es, un
rapprochement de leur travail et, les autres,
le rayonnement de leur activité. Jouxtant l’embouchure de la Rivière salée, bras de mer séparant les iles de Basse-Terre et de Grande-Terre, ce quartier populaire devint la vitrine de l’innovation immobilière pointoise, guadeloupéenne et même celle des DFA, départements français d’Amérique.

© Reedzeye.com

… sur l’échiquier

Des cases en gaulettes aux cases créoles en bois, les générations post « encasé.es » se sont contentées du minimum vital : 4 murs, un toit, un
plancher, une pièce unique pour s’abriter des intempéries. Avec le temps, il y a eu nécessité
d’auto-organiser la Cité, d’optimiser l’espace pour vivre en communauté. Les Lakou ont- ils servi de corridor de solidarité ? En 1946, la départementalisation a tinté obligeant à reconfigurer l’existant dans tous les secteurs de ce nouveau territoire intégré, à assimiler. En 1990, après les tracas occasionnés par la banlieue lyonnaise, bien lwen lwen lwen, le renouvellement urbain a été une priorité nationale assenée à tous : Chez nous, enfin en France (émoticône sourcils haussés, paupières closes, bouche suffisante), les opérations de R.H.I (Résorption de l’habitat insalubre) ont décapité la Cité sociale. Alors positionnées côte à côte autour de Lakou, les Kaz ont été transportées, parquées en rang d’oignons pour ensuite finir, mofwazé, les unes au-dessus des autres. Adieu convivialité, soin apporté les uns aux autres. La mixité a parachevé de distendre les relations entre les gens de l’en ville et ceux de la campagne : Echec et mat !
« Mais dis-moi, ta Kaz à toi, elle est comment ? »

  1. *nom d’un propriétaire terrien possédant un élevage au pied du morne Loret racheté par Lapwent puis rasé pour installer les cases de Bergevin, Chanzy ou Henri IV dans l’attente de la réhabilitation de ces quartiers. ↩︎
Nathydou
Nathydou
Femme, guadeloupéenne, chargée de famille, militante pour une Transmisyon plus que primordiale auprès de nos Très jeunes enfants et adolescent.es : i ja ka ta! (larme à l'oeil).

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